mardi 14 mai 2013

nouvelle cocasse, théâtre...



DIVINE ORDONNANCE
Dialogue entre un médecin & son patient : mars 2013, dans un cabinet de Vitré.
-          Je souffre Docteur, je souffre et il n’est pas un jour où la douleur ne m’accable ! Que faire, que faire, moi qui ne bois pourtant que de l’eau, me couche tôt, et ne fais que faire attention… à tout ? Je ne veux pas de médicaments non plus ! Je ne sais plus à quel saint me vouer, ni vers qui me tourner !
Le médecin, hochant peu à peu la tête, puis mortifié.
-         Mais mon pauvre petit malheureux, votre problème est justement là ! Je diagnostique chez vous ce manque d’appétence, fort commun au demeurant, à nombre de nos concitoyens ! L’envie de vivre vous a quitté ! Et vous avez sans doute oublié notre bonne mère Nature ! Vous voilà fort mal enseigné ! Qui vous a guidé dans ce choix de préceptes mortifères ? Tudieu ! Qu’entends-je là ? Il est grand temps que je vous prescrive un traitement de choc !
-         Un traitement de choc ? Mais j’ai peur, Docteur, j’ai peur ?
-         Peur de mourir, assurément ! Vous voilà bien mal embarqué avec cette vie de renoncement total ! Vous ne m’avez parlé, remarquez-le, qu’avec des tournures de phrases négatives, voire restrictives ! C’est là que gît le mal ! Quand on s’exprime ainsi, plus de volontarisme, plus d’envie, plus de joie ! La mort, assurément !
-         Je vous crois Docteur, je vous crois ! Dites-moi ce que je dois faire ! J’ai pourtant lu bien des journaux, bien des revues, écouté les émissions de télévision sur la santé, la prévention, la prudence…
-         Stop ! Je vous en prie ! Je vais vous rédiger, ou plutôt, nous allons rédiger ensemble une ordonnance. Posez-moi des questions précises et j’y répondrai séance tenante, par une solution efficace, et de mon cru. Allez, commencez, n’ayez crainte. Vous êtes en ces lieux (grand geste de la main, très docte) entre les mains d’Hippocrate !
-         Merci, Docteur, merci…
Le patient, hésitant, se grattant la tête, cherchant ses mots, avec lenteur…
-         Docteur, ma vie… est… un… échec !
-         Alors, je prescris (tout en écrivant) un blanc sec ! Un verre à jeun tous les matins !
-         A peine sorti de mon lit ?
(Etonné, surpris, courroucé)
-         Oui, un Muscadet sur Lie !
(Hochements de tête dubitatifs)
-         Docteur, après mon petit déjeuner, je me rends à mon établi…
-         Ce sera donc, un grand verre de petit Chablis !
-         Pourquoi petit ?
-         Parce que l’inverse, un petit verre de grand Chablis, tous les jours, cela va grever votre budget !
-         Oh, vous savez, j’ai tout de même les moyens !
-         Pas ceux de vivre longtemps, croyez-moi, avec la vie actuelle que vous menez !
-         Ah, bon, très bien. (Un peu rassuré). A midi, je déjeune en compagnie…
-         Alors là, Saumur Champigny ! Obligatoire, mon cher ami !
-         Et avec le fromage ?
-         Un petit verre d’Hermitage ?
-         Et pour retrouver la niaque ?
-         Pardi ! Un plein verre de Cognac !
-         Comme vous y allez !
-         C’est parce que votre cas est grave, justement !
-         J’ai l’habitude de faire la sieste, pour mieux digérer.
-         Pas question malheureux ! Allez donc plutôt jouer aux boules, en dégustant un Côtes de Toul !
-         Avec vous, il faut donc boire du vin ?
-         Evidemment, sinon c’est l’enfer assuré ! Croyez-moi !
-         Donc, si je gagne aux boules, pour fêter la victoire… ?
-         Un vin de Loire !
-         Et en cas de défaite ?
-         Une Clairette !
-         Je vais ensuite au jardin. D’habitude, c’étaient trois grands verres d’eau…
-         Maintenant, ce sera du Bordeaux ! Gardez l’eau pour arroser les salades, ou faites-le à la limonade !
-         Mon jardin, j’en suis très fier, j’en serai même bouffi d’orgueil !
-         Contre l’orgueil, une solution : c’est Bourgueil, ou Saint-Emilion !
-         Mais vous avez réponse à tout !
-         C’est mon métier, le croyez-vous ?
-         Bien sûr, bien sûr…
Toussotant, gêné, sur sa chaise…
-         Docteur, pour les parties de jambe en l’air, elles sont rares je n’y crois plus guère…ça me chagrine…
-         Château Chasse-Spleen !
-         Et pour l’affaire ?
-         Château Bel Air !
-         Après l’amour ?
-         Château Giscours !
Changeant de registre
-         Contre la pluie ?
-         Un bon Brouilly !
-         Et contre la, excusez-moi… connerie ?
-         Quelques verres de Fleurie !
-         Nous voilà donc aux Beaujolais…
-         Oui, tous les vins de France suffisent à soigner votre maladie. Vous voyez, votre cas n’était pas si compliqué ! Voilà votre ordonnance. Rendez-vous immédiatement chez le caviste du coin, c’est un pharmacien hors pair !
-         Merci Docteur, je vous dois combien ?
-         Pour la consultation ?
-         Oui.
-         Trois bouteilles de Haut-Brion ! Rapportez les moi à la prochaine occasion !
-         Et je ne serai plus souffrant ?
-         Promis ! N’oubliez pas le Frontignan ! Buvez sain, et surtout pas d’abus d’excès !
-         J’y veillerai, Docteur, j’y veillerai.

Il sort, très satisfait, serrant l’ordonnance sur son cœur, puis l’embrassant à pleine bouche, tête renversée, comme s’il buvait.


Île vertige... poème



Île vertige terre prodige
Jardin ouvert sur l’océan
Tes fleurs se dressent sur leur tige
Discrètes lumières dans le vent

Île vertige terre prodige
La femme file de ses doigts
Pour que plus rien ne nous afflige
Un écheveau tissé de joie

Un univers plein de mystère
Labyrinthe tout à la fois
Lieu de plaisir où je me perds
Et roule au milieu de la soie

Nous  trouvons de nouveaux repères
Tissus vifs couleurs entrelacs
Adieu  douleur  adieu misère
Un passé qui ne passait pas

Île vertige  farandole
Tout à la fois ensauvagés
Barque de terre ou bien gondole
Parmi les vagues les marées


Croisant coquillages murènes
Célébrons la vie qui nous mène
Puis dansons  avec les sirènes
Dansons dans les flots et l’arène


Île vertige et de prestige
Allumons des feux d’artifice
Et que plus rien ne nous oblige
Chantons de la vie ses délices



mercredi 27 février 2013

venner yann: Slam !





Slam m'ennuie
Et slam amuse
Slam me va
Et slam suffit

Slam irrite
Et slam énerve
Slam attire et
Slam éloigne

Slam agace
Et slam emmerde
Slam va pas
D’dire des gros mots

Slam m’importune
Et Slam m’est égal
De slalomer
Avec les mots
Car slam m’interpelle
Et slam m’la coupe
De slamuser
Quand slam me plaît !



 autre texte




Chemins d’écritures prêts pour l’aventure
Chemins de traverse quand il pleut à verse
Chemins de fortune vers la pleine lune
Chemins de côté à l’heure de l’été
Chemins qui nous mènent
Vers la nuit foraine
Où le feu invite
A soigner nos peines.






poème


Palpitent les petits bonheurs

Au creux du nid

Puis s’envolent vers un ailleurs

Un paradis

 

Effaçons-nous comme une haleine

Sur le carreau de nos vingt ans

Le torrent refuse nos peines

Aveugles sont les sentiments

 

Oublie tes yeux dans la rivière

Ils iront loin

Et toi sur la berge de pierre

Tu me rejoins

 

Au fil de nos scènes secrètes

Un doux silence

Deux colombes aux ailes discrètes

Un bruit d’enfance

 

Héraclite a plongé dans l’eau

Sa tête chauve

L’Histoire s’est noyée dans les mots

Et tu t’ensauves

 

L’amont dévoré par l’aval

O pauvre amant

Vieil arlequin de carnaval

Jeune printemps