mardi 14 mai 2013

Avis de vent




Avis de vent et d’aventure
La vie devant au souffle brut
La vie pourtant qui vous percute
Aux vitrines et aux devantures

Avis d’aventures et de vents
A vous mettre la tête à l’envers
La vie l’averse à tout moment
La vie qui vous joue ses grand airs

Musique de joie de misère
La vie qui s’en va et vous laisse
Abandonné parmi la terre
La vie passée adieu promesse

La vie l’averse renversée
Sur la chaussée sur le trottoir
Pluie de bonheur ou pluie de blé
Caniveaux pour seul reposoir

Avis de vent et d’aventure
La douleur qui vous persécute
Et vous étrangle à la ceinture
Boxeur sonné par l’uppercut

La vie vous prend et vous caresse
Elle vous saisit par le collier
Sans vous ménager la bougresse
Vous veut soumis pieds et poings liés

Avis de vent et puis d’orage
Les parapluies sont débordés
La misère veut quitter sa cage
Mais tout dehors est saccagé

Alors bondir loin des rasoirs
Qui vous saignent sans artifice
Plonger vers un ciel plein d’espoir
Combattre tous les sacrifices

Etrangler la misère de vivre
Les rats qui vous rongent la tête
Conquérir la joie toujours ivre
De rêves de vins et de fêtes

Avis de vent et d’aventure
La liberté comme un drapeau
Brandie tel un poing une armure
Elle est votre nouvelle peau

Avis de vent et d’aventure
Signe de printemps d’ouverture
Jamais de jour de fermeture
Plaisirs de vivre et confitures
Plaisirs de vivre et confitures

nouvelle cocasse, théâtre...



DIVINE ORDONNANCE
Dialogue entre un médecin & son patient : mars 2013, dans un cabinet de Vitré.
-          Je souffre Docteur, je souffre et il n’est pas un jour où la douleur ne m’accable ! Que faire, que faire, moi qui ne bois pourtant que de l’eau, me couche tôt, et ne fais que faire attention… à tout ? Je ne veux pas de médicaments non plus ! Je ne sais plus à quel saint me vouer, ni vers qui me tourner !
Le médecin, hochant peu à peu la tête, puis mortifié.
-         Mais mon pauvre petit malheureux, votre problème est justement là ! Je diagnostique chez vous ce manque d’appétence, fort commun au demeurant, à nombre de nos concitoyens ! L’envie de vivre vous a quitté ! Et vous avez sans doute oublié notre bonne mère Nature ! Vous voilà fort mal enseigné ! Qui vous a guidé dans ce choix de préceptes mortifères ? Tudieu ! Qu’entends-je là ? Il est grand temps que je vous prescrive un traitement de choc !
-         Un traitement de choc ? Mais j’ai peur, Docteur, j’ai peur ?
-         Peur de mourir, assurément ! Vous voilà bien mal embarqué avec cette vie de renoncement total ! Vous ne m’avez parlé, remarquez-le, qu’avec des tournures de phrases négatives, voire restrictives ! C’est là que gît le mal ! Quand on s’exprime ainsi, plus de volontarisme, plus d’envie, plus de joie ! La mort, assurément !
-         Je vous crois Docteur, je vous crois ! Dites-moi ce que je dois faire ! J’ai pourtant lu bien des journaux, bien des revues, écouté les émissions de télévision sur la santé, la prévention, la prudence…
-         Stop ! Je vous en prie ! Je vais vous rédiger, ou plutôt, nous allons rédiger ensemble une ordonnance. Posez-moi des questions précises et j’y répondrai séance tenante, par une solution efficace, et de mon cru. Allez, commencez, n’ayez crainte. Vous êtes en ces lieux (grand geste de la main, très docte) entre les mains d’Hippocrate !
-         Merci, Docteur, merci…
Le patient, hésitant, se grattant la tête, cherchant ses mots, avec lenteur…
-         Docteur, ma vie… est… un… échec !
-         Alors, je prescris (tout en écrivant) un blanc sec ! Un verre à jeun tous les matins !
-         A peine sorti de mon lit ?
(Etonné, surpris, courroucé)
-         Oui, un Muscadet sur Lie !
(Hochements de tête dubitatifs)
-         Docteur, après mon petit déjeuner, je me rends à mon établi…
-         Ce sera donc, un grand verre de petit Chablis !
-         Pourquoi petit ?
-         Parce que l’inverse, un petit verre de grand Chablis, tous les jours, cela va grever votre budget !
-         Oh, vous savez, j’ai tout de même les moyens !
-         Pas ceux de vivre longtemps, croyez-moi, avec la vie actuelle que vous menez !
-         Ah, bon, très bien. (Un peu rassuré). A midi, je déjeune en compagnie…
-         Alors là, Saumur Champigny ! Obligatoire, mon cher ami !
-         Et avec le fromage ?
-         Un petit verre d’Hermitage ?
-         Et pour retrouver la niaque ?
-         Pardi ! Un plein verre de Cognac !
-         Comme vous y allez !
-         C’est parce que votre cas est grave, justement !
-         J’ai l’habitude de faire la sieste, pour mieux digérer.
-         Pas question malheureux ! Allez donc plutôt jouer aux boules, en dégustant un Côtes de Toul !
-         Avec vous, il faut donc boire du vin ?
-         Evidemment, sinon c’est l’enfer assuré ! Croyez-moi !
-         Donc, si je gagne aux boules, pour fêter la victoire… ?
-         Un vin de Loire !
-         Et en cas de défaite ?
-         Une Clairette !
-         Je vais ensuite au jardin. D’habitude, c’étaient trois grands verres d’eau…
-         Maintenant, ce sera du Bordeaux ! Gardez l’eau pour arroser les salades, ou faites-le à la limonade !
-         Mon jardin, j’en suis très fier, j’en serai même bouffi d’orgueil !
-         Contre l’orgueil, une solution : c’est Bourgueil, ou Saint-Emilion !
-         Mais vous avez réponse à tout !
-         C’est mon métier, le croyez-vous ?
-         Bien sûr, bien sûr…
Toussotant, gêné, sur sa chaise…
-         Docteur, pour les parties de jambe en l’air, elles sont rares je n’y crois plus guère…ça me chagrine…
-         Château Chasse-Spleen !
-         Et pour l’affaire ?
-         Château Bel Air !
-         Après l’amour ?
-         Château Giscours !
Changeant de registre
-         Contre la pluie ?
-         Un bon Brouilly !
-         Et contre la, excusez-moi… connerie ?
-         Quelques verres de Fleurie !
-         Nous voilà donc aux Beaujolais…
-         Oui, tous les vins de France suffisent à soigner votre maladie. Vous voyez, votre cas n’était pas si compliqué ! Voilà votre ordonnance. Rendez-vous immédiatement chez le caviste du coin, c’est un pharmacien hors pair !
-         Merci Docteur, je vous dois combien ?
-         Pour la consultation ?
-         Oui.
-         Trois bouteilles de Haut-Brion ! Rapportez les moi à la prochaine occasion !
-         Et je ne serai plus souffrant ?
-         Promis ! N’oubliez pas le Frontignan ! Buvez sain, et surtout pas d’abus d’excès !
-         J’y veillerai, Docteur, j’y veillerai.

Il sort, très satisfait, serrant l’ordonnance sur son cœur, puis l’embrassant à pleine bouche, tête renversée, comme s’il buvait.


Île vertige... poème



Île vertige terre prodige
Jardin ouvert sur l’océan
Tes fleurs se dressent sur leur tige
Discrètes lumières dans le vent

Île vertige terre prodige
La femme file de ses doigts
Pour que plus rien ne nous afflige
Un écheveau tissé de joie

Un univers plein de mystère
Labyrinthe tout à la fois
Lieu de plaisir où je me perds
Et roule au milieu de la soie

Nous  trouvons de nouveaux repères
Tissus vifs couleurs entrelacs
Adieu  douleur  adieu misère
Un passé qui ne passait pas

Île vertige  farandole
Tout à la fois ensauvagés
Barque de terre ou bien gondole
Parmi les vagues les marées


Croisant coquillages murènes
Célébrons la vie qui nous mène
Puis dansons  avec les sirènes
Dansons dans les flots et l’arène


Île vertige et de prestige
Allumons des feux d’artifice
Et que plus rien ne nous oblige
Chantons de la vie ses délices