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lundi 29 janvier 2018

contre l'esclavage



En attendant SCHOELCHER…
(Victor Schoelcher, député français
qui fit voter l'abolition de l'esclavage en 1848.
En Guadeloupe et en Martinique,
beaucoup de monuments portent son nom.)

"C’est dans la cale qu’on met les rats"
Les esclaves et les scélérats
Ceux qui n’ont plus d’identité
Les captifs et les enchaînés
A fond de cale
Et dans la nuit
On les prive de tout espoir
A fond de cale au fond du puits
La couleur de l’homme est le noir
Dans le ventre du bateau lourd
Le sang de l’Afrique à coups sourds
Palpite
Et bat comme la peau
D’un tambour ivre de sanglots


Dans les entrailles du navire
Circule le sang des martyrs
Qui éclabousse les drapeaux
Des gouvernements déloyaux


Le bois d’ébène sans destin
Sombre honte au front des humains
Qui font de l’amour du prochain
Une cendre sans lendemain.

lundi 20 juin 2016

Nu

Nu

Dégrafe tes bijoux et pose
Ta main sur ton sexe de rose
Libérée de toute parure
Tu déroules ta chevelure

Entends-tu Baudelaire gémir
Son fantôme aime les caresses
Allongée comme une hétaïre

Ta jouissance est une promesse

1953

1953

L’année où il naquit moururent Dylan Thomas
Galczinski, les poètes, et Staline la brute
A chacun son Histoire, à l’alter à l’ego
Le trois mai de l’année cinquante-trois il fut là
Ocytocyne aussitôt fait il bondit hors de l’utérus
Et arrosa d’un jet impur
Sœur Angèle ou Sœur engelure
Entré en force dans la vie
Il cria qu’il était bien là
Et pour longtemps c’est pour cela
Qu’il gueula fort qu’il gueula rouge
Puis s’endormit pour un instant
Paupière en berne sur le monde
Prima Dona sa mère sourit ultima necat est très loin
Il lui reste à vivre des ans
Des nomanslandeux de néant
Pariétales ou rupestres
Ses veines se gonflaient



De vie bleue rouge et chaude
Doux crâne ténébreux
Fontanili ses sources
Coque calcairoïde
Au bregma palpitant
Il dormait poings serrés
Dans un grand tourbillon
Après des études bâclées
À rabâcher Mea Culpa
Méat maximus bats ta coulpe
Et fluctuat nec vergitur
Le sexe débordant d’amour
Alla frapper chez sa voisine
Une fourmi de dix-huit mètres
Sur gages sommier et mesure
Il emprunta le doux chemin
Qui mène à l’extase finale
Le taureau honteux et confus s’en retourna dans ses pénates
Prit son style haut
Et pour toujours épousa la littératoure



A vingt ans indocile flamme
Il échoua lamentablement
Prenant Jenner pour un All’mand
Il fallut redoubler d’efforts
Et gagner sa vie prestement
« Hardi ! dit-il soyons sportif reconnaissons le bien fondé
Du grand air et du vent du nord
Courons souvent courons encore ! »
Il courut par Mons et par Vaux le vicomte ne le vit plus
On le croyait mort pour deux bonds.
Sans donner aucune nouvelle
Il publia une kyrielle
De chevauchées de radadas
De poèmes pour maternelle
Juste bons à garder pour soi.
Il épousa dans la tourmente
Une femme au hasard des lois
Tomba en panne d’écriture
Puis enseigna comme il se doit



Fornicateur assermenté
Buveur à ses heures d’allégresse
Il prit du ventre et de la fesse
L’amour est un bien dur métier.

Puis reprit du poil d’écriture
De la bête littérature
Dévora romans et poèmes
Délira pleura à ses heures
Qui n’étaient plus celles des autres
Accaparé par ses enfants
Il vécut de tendres moments
Raconta l’Histoire à ses filles
Tourna la crème à la vanille

Vous savez ce que vous savez
Voilà sa vie en quelque sorte
Chacun peut le voir à sa porte
Il a le sourire

Et la clé

silence

Silence


Silence veiné de marbre
Aux arguties trompeuses
Ton ombre est indice
Au cimetière laissé

Ta gorge amère saigne
Aux quatre vents aux quatre veines
Et l’écho vide de ton nom
S’égrène
Coquille écrasée sous mes pas

Fragments de vie débris de rêve

Mensonges enfouis qui bourdonnent

lundi 12 mai 2014


Je veux disait l’enfant
Un cheval de manège
Et un tour de magie
Un cheval de magie
comme un tour de manège

Son vœu fut exaucé
Il devint cavalier
Magicien à cheval
Rênes dans une main
Cartes et dés dans l’autre

Sans peur du lendemain
ils allaient l’un et l’autre
Plage de sable fin
Grève petit ménage
Monture et cavalier
Découvraient des rivages
Sautaient sur l’échiquier
Découpaient des images
Une forêt en tête
Une fête foraine

Peindre peindre la scène
Mais pourquoi tant de peine ?

Le cheval et l’enfant
ont déserté l’arène

d’entre nos doigts
le sable fuit
magie manège tout s’enfuit
carcasse de l’enfance un bruit


lundi 19 septembre 2011

Ponge, "Le parti pris des choses", vu par un universitaire...


Version moderne du De Natura Rerum de Lucrèce, « Le Parti Pris des Choses » se veut à la fois poétique et scientifique. S’inspirant de deux modèles littéraires, la leçon de choses et la fable, Ponge fait naître dans ce recueil une poésie à caractère encyclopédique et didactique avec une finalité évidente : parvenir à une leçon.



On entre dans l’œuvre de Ponge comme on entrerait dans un grenier où s’entassent des souvenirs d’enfance que l’on redécouvre sous des draps poussiéreux, l’essence de ce que l’on avait oublié : un cageot, une huître ou une bougie. Nous expliquant que la chose n’est pas l’objet et que ce qui est en jeu est bien la langue, il nous propose une poésie révolutionnaire – ne serait-ce que dans le choix des objets quelque peu subversif – et semble vouloir rompre avec les codes sociaux, les traditions qui ramènent inlassablement la poésie à une matière noble. Il présente l’Homme comme chosifié par le monde capitaliste et industriel et le lecteur ressent au long de sa lecture une pesanteur politico-sociale, une critique à peine muette de valeurs sans doute perdues.



L’auteur avoue un objectif : faire du Parti Pris des Choses une cosmogonie, construire un discours sur la Nature – divisée en trois règnes : minéral, végétal et animal – dont les choses seraient les réalités. Ainsi, la chose se fait prétexte à un exercice poétique et linguistique. Ponge travaille sur les sens, les mots, le signifiant, la forme des choses. Au détour de la prose, on découvre des vers cachés (L’Orange), des sonorités (assonances et allitérations), il faut prouver à tout prix que les mots ne sont pas uniquement des faiseurs de sens mais qu’ils peuvent être ce que l’on veut qu’ils soient et pour cela Ponge joue avec la langue, la polysémie, les dimensions sémantiques ou encore les phénomènes visuels (Le Gymnaste). L’auteur donne une signification poétique aux mots qui se font sous sa plume à fois métaphore et topique, il refonde les choses afin de se faire producteur de sens.



Mais surtout, au cœur de la poésie de Ponge, au cœur de ces choses, on trouve cette réalité informe de la parole qui doit produire une formule, une préciosité poétique (L’Huître). N’hésitant pas à se comparer à un escargot dans le poème du même titre, l’auteur livre sa propre leçon de choses opposant l’usage quotidien des mots contre une parole régénérée qui serait la parole poétique : chacun s’il le désire peut se faire poète tant qu’il prend selon Ponge, le meilleur parti qui « est donc de considérer toutes choses comme inconnues, et de se promener ou de s’étendre sous-bois ou sur l’herbe, et de reprendre tout depuis le début. »



Cécile Dumont







Un extrait du  parti pris des choses, 1942



Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.

 Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon: cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant. . . c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.



Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.



Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.



Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, -- il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, -- la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.



Sources bibliographiques



 Francis Ponge sur le site de l'Université Paris XII

Francis Ponge sur le site de l'ULM University


samedi 5 décembre 2009

parution poèmes

Les ARMORICAINES -Editions





Accueil
Activités de l'année
Le bulletin d'information
Objectifs et réalisations
Historique de la BAL

Les Armoricaines-Editions


Concours de MANGAS 2009


5152 visiteurs

Partenaires :


Sites amis :
Festival du livre en Bretagne
Asso. des Ecrivains Bretons
Pierre Livory
Jean-Claude Sevellec
Gérard Blanchard
Agence bretagne Presse
Sylvie de Hulster


Chers Amis de Bretagne et d’Ailleurs,
Le 13 mai dernier, nous avons eu le plaisir de vous annoncer la création d’une MICRO Editions ASSOCIATIVE
He bien ! c’est chose faite aujourd’hui, cinq mois après…
10 Octobre 2009



Dans la collection ''Les POEMIERS''



Erotisme des fleurs, l'abécédaire
Auteur : Marie-Pierre DEMON mariedemon.canalblog.com
Illustrateur : Sylvie de HULSTER pepinieredarts.com/sybdh
Prix : 35€
80 pages

Depuis ce matin il était à fleur
de peau. La jeune fille était
revenue chez lui, hier, comme
une fleur. Elle était si jolie,
spontanée, peut-être un peu
trop fleur bleue.
Il n’avait fait que lui conter
fleurette, et s’en voulait : il
n’allait tout de même pas mourir
à la fleur de l’âge sans l’avoir
déflorée !


Depuis toujours, l’humain place
la fleur dans son langage. On
offre des fleurs quand on aime.
Les fleurs symbolisent l’amour
et nous offrent dans ce livre leur
parfum d’érotisme.




SILENCE
Auteur : Christian HERSAN christian.hersan@wanadoo.fr
Illustrateur : Nicolas PERON nicolas.peron.np@gmail.com
Prix : 25€
48 pages

Dans le fond je le hais !
Je hais le fond sonore
Surtout quand il fait surface
Dans les grandes surfaces.
Piège omniprésent :
On s’éloigne d’un hurleur
Pour mieux s’approcher d’un autre,
Comme un prisonnier ne s’éloigne d’un mur
Que pour se heurter à un autre mur.

Christian Hersan











Le parfum de la lune
Auteur : Yann VENNER venneryann.over-blog.fr
Illustrateur : Sylvie de HULSTER pepinieredarts.com/sybdh
Prix : 65€ les 3 recueils - 25€ chaque recueil
3 x 48 pages



Le parfum de la lune
est un ouvrage qui invite
au recueillement ; recueil
pour les yeux, recueil pour
l’âme.




Animé de sentiments
universels, le poète est
inondé d’une mélancolie
troublante, touchante ...
Ces poèmes illustrés nous
submergent, nous envahissent,
riches de toutes leurs fragrances.


Hymne à la femme, à
la mer et à l’amour, Le
parfum de la lune déroule
son écharpe, tel l’étendard
de la paix, à la croisée des
mondes.





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………….. ……… exemplaires de ''LE PARFUM DE LA LUNE - tome 1'' - à 25€
………….. ……… exemplaires de ''LE PARFUM DE LA LUNE - tome 2'' - à 25€
………….. ……… exemplaires de ''LE PARFUM DE LA LUNE - tome 3'' - à 25€
………….. ……… exemplaires de ''LE PARFUM DE LA LUNE'' - les 3 - à 65€

………….. ……… exemplaires de ''EROTISME DES FLEURS'' - à 35€

………….. ……… exemplaires de ''SILENCE'' - à 25€

plus 4€ de frais de port par livre

soit un chèque total de :

………….. ………à l’ordre de « LA BOITE A LETTRES »,
Penhars 29360 - CLOHARS CARNOET
Tél/fax – 02.98.71.58.90 – courriel : balplouay@sfr.fr

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